« Nous avons été victimes d’un management un peu fou »

Publié le 26/02/2015 à 12H56
Erwan est technicien de maintenance dans la métallurgie et délégué du personnel CFDT. En 2011, son entreprise, en redressement judiciaire, est vendue à une nouvelle direction. C’est le début d’un management qu’il qualifie « d’un peu fou ».

C’est en 2011 que tout a commencé. L’entreprise  qui compte alors 74 salariés est vendue à d’anciens cadres de la société. Dès le rachat, des dissensions apparaissent entre les repreneurs actionnaires, l’un d’eux quitte l’entreprise sur le champ.

Fort d’une section de 10 % de salariés syndiqués, le comité d’entreprise vote l’expertise des comptes annuels 2011 et 2012, ainsi que la nomination du cabinet Syndex pour effectuer cette mission.

Plus rien ne sera comme avant

La direction propose aux salariés une prime de 300 euros sous réserve de retrait de l’expertise votée... Cette pratique, plus que douteuse, suscite un profond questionnement au sein de l’équipe. Soutenue par la CFDT, la section entreprendra un certain nombre de démarches, comme l’envoi d’un courrier à l’Inspection du travail dénonçant un cas de discrimination envers un des représentants du personnel. La pression imposée par ce dirigeant est telle qu’elle pousse certains à se mettre en arrêt maladie.

Malgré les tensions, l’expertise aura lieu

La première expertise permet de révéler un équilibre financier précaire et le poids trop important de la holding sur la société. Tandis qu’une seconde expertise est demandée, les menaces de licenciement pleuvent. 90 % de l’effectif se mobilise, mettant en œuvre la première grève de l’entreprise : l’activité sera interrompue pendant une semaine.

38 emplois sauvés

Cette crise a fini par aboutir à un plan social et le départ de 36 salariés. Erwan, en première ligne, témoigne aujourd’hui de la nécessité d’obtenir des informations sur la situation de l’entreprise. Grâce à la détermination de la section CFDT, ce sont 38 salariés qui ont pu redémarrer l’activité.


Un décret est entré en vigueur le 1er novembre 2014 sur le  droit d’information préalable des salariés en cas de cession d’entreprise :
Dans les entreprises de moins de 50 salariés, où un procès-verbal de carence constatant l’absence de comité d’entreprise et de délégué du personnel est établi, les salariés sont informés au plus tard deux mois avant la date de cession (date à laquelle s’opère le transfert de propriété).