Zoom sur les assistantes maternelles

Publié le 03/09/2013 à 11H20
Le métier d’assistante maternelle a évolué ces dernières années. Pour mieux connaître les spécificités de celui-ci, deux professionnelles de la petite enfance ont répondu à nos questions (Magali, à droite et Aurore, à gauche).

Selon vous, quelle est la définition idéale d’une assistante maternelle ?

*Magali Francescatti : L’assistante maternelle offre un service d’accueil aux familles et accompagne le développement et l’éveil des enfants de zéro à six ans, en veillant à satisfaire leurs besoins fondamentaux. Ce métier nécessite un grand sens de l’écoute, des capacités d’observation et d’adaptation. Il nécessite aussi de savoir souvent re-questionner ses pratiques professionnelles. Il est fondamental que l’accueil et l’accompagnement des enfants soient de réelles sources de plaisir personnel.

*Aurore Canneçu : L’assistante maternelle est la professionnelle qui seconde les familles. Le terme n’est plus adapté en 2014 à la réalité à laquelle nous sommes confrontées. Aujourd’hui, nous ne sommes plus des « nounous », un mot qui reste péjoratif à mon sens. La qualité principale recommandée est la patience, il faut être psychologue avec les enfants et les parents. Rester joviale et imaginative, une activité qui demande trente minutes à un enfant de trois ans, ne fera que sept minutes avec un petit bout de dix-huit mois.

Rencontrez-vous des difficultés au quotidien ?

M. F. : Nous sommes en situation de progrès au niveau statutaire. Actuellement nous vivons un passage, de la gardienne à la professionnelle de la petite enfance. Depuis 2007, nous validons nos acquis avec une formation partiellement diplômante. Mais nous subissons encore un regard négatif de la part des parents, des médias et de l’opinion publique, qui nous perçoivent comme une solution de substitution de la crèche. Alors que notre accueil est adapté aux tout petits, car plus personnalisable que la structure collective.

A. C. : Il y a plusieurs niveaux de difficultés. Nous ne sommes pas considérées comme des professionnelles par le Conseil général. La preuve en est, le manque de communication concernant les vaccins obligatoires : grippe et coqueluche. Les parents quant à eux, ont un droit de retrait de leur enfant (clause de la convention collective), qui équivaut à un licenciement non contestable, du jour au lendemain.

Quels conseils donneriez-vous à celles et ceux qui souhaitent exercer ce métier ?

M. F. : Nous travaillons énormément. Donc je dirais, attention, c’est une profession qui a beaucoup d’exigences. Il faut apprendre à séparer son cadre familial et son cadre professionnel, mais la relation avec les enfants est passionnante ! Lorsqu’on aime ce métier, on a le sentiment d’être en perpétuel apprentissage et de ne plus travailler.

A. C. : Je conseillerais aux futures assistantes maternelles, de régler leurs problèmes avant d’exercer ce métier (rire). Il faut garder la tête froide dans beaucoup de contextes et apprendre à relativiser. Les parents peuvent faire perdre confiance en soi, c’est pourquoi rester en contact avec d’autres professionnelles est fondamentale pour ne pas s’isoler. Et puis bien sûr, savoir lire entre les lignes de la convention collective et des référentiels qui donnent des directives. C’est comme ça que l’on a vu des agréments supprimés à des femmes qui exerçaient leur métier depuis trente ans.

*Magali Francescatti est assistante maternelle du particulier employeur depuis vingt ans. Elle exerce à Montpellier.
*Aurore Canneçu est assistante maternelle du particulier employeur depuis 2003. Elle exerce en Bretagne.