Une étude pour mieux connaître les salariés des TPE de l’artisanat

Publié le 03/09/2013 à 14H10
Bruno Valade est chargé de mission CFDT à la délégation TPE PME, il a également coordonné la mise en oeuvre de l’enquête auprès des salariés de l’artisanat en 2012.

Qu’est-ce qui a motivé la CFDT pour réaliser l’enquête auprès des salariés de l’artisanat ?

Bruno Valade : Nous avons décidé, bien avant l’élection TPE, de conduire une enquête auprès des salariés des TPE dans l’artisanat, pour connaître les conditions dans lesquelles se déroule l’exercice de leur métier. Quels sont les sujets les plus préoccupants dans leur quotidien au travail ? Comment vivent-ils leurs relations professionnelles ? De quelles manières et avec qui, règlent-ils leurs difficultés professionnelles lorsqu’ils y sont confrontés ? A qui feraient-ils confiance pour les représenter face à leur employeur ? Sont-ils prêts à adhérer à un syndicat ? Nous les avons questionnés aussi sur leur salaire, leurs congés, leurs conditions de travail, leur avenir professionnel, etc.

De quelle manière l’enquête a-t-elle été mise en oeuvre auprès de ces salariés ?

B. V. : L’un de nos objectifs était de connaître les réponses des salariés des TPE de l’artisanat. Nous souhaitions également établir une rencontre et un échange avec les syndicalistes CFDT afin de rappeler qu’une proximité existe. C’est la raison pour laquelle nous n’avons pas fait le choix de recourir, comme d’autres, à une agence de sondage pour réaliser cette enquête. Nous en avons effectuées 1259 à la fin du mois d’octobre, un volume qui nous permet aujourd’hui de mieux connaître leurs attentes…

Comment s’est passée la rencontre avec les salariés ?

B. V. : Bien ! Nos militants ont eu un excellent accueil de la part des salariés avec qui ils ont pu échanger facilement. Il faut dire qu’ils n’ont pas été à leur rencontre avec l’intention d’imposer leur vision des choses, mais pour les écouter et discuter avec eux. Suite à ces discussions, des salariés sont revenus vers la CFDT pour avoir des réponses plus précises à certaines de leurs questions. Nos militants, pour leur part, ont retenu l’intérêt de cette démarche.

Quels enseignements tire la CFDT des résultats de cette enquête ?

B. V. : Tout d’abord, il faut savoir que près de la moitié des salariés ayant répondu disent qu’ils feraient confiance à un syndicat pour les représenter face à leurs employeurs, ce qui va à l’encontre des propos qu’ont pu tenir certains hommes politiques et patronaux disant que les salariés de TPE n’avaient pas besoin d’un syndicat pour les représenter. En outre, il faut savoir qu’un quart d’entre eux disent être prêts à adhérer à un syndicat, et que la moitié déclarent qu’ils accepteraient, sous certaines conditions, d’être les porte-parole des salariés de l’artisanat. Ces réponses sont plutôt un bon signe pour l’avenir de la démocratie sociale.

Quelles perspectives envisagez-vous ?

B. V. : Nous avons recueilli des informations sur les salaires, les conditions de travail, l’organisation du temps de travail, la précarité salariale de certains temps-partiel, que nous utiliserons dans les négociations avec le patronat de l’artisanat pour défendre leurs droits. Cette enquête n’est pas une fin en soi mais un début, nous allons maintenir le lien que nous avons développé avec eux pour créer un syndicalisme adapté à leur réalité. Celle d’un salarié d’une entreprise de moins de onze personnes dans le domaine de l’artisanat.