L’apprentissage, l’école de la vie

Publié le 16/01/2014 à 18H28
Selon l’étude réalisée par la CFDT fin 2012*, 57,20 % des jeunes apprentis trouvent l’alternance école-entreprise très complémentaire. C’est le cas de Fabien Azema, aujourd’hui  mécanicien diéséliste, pour qui l’apprentissage est une super formation.

En tant qu’ancien apprenti, quelle était ta préoccupation majeure durant ta formation ?

Le logement était une  préoccupation centrale. Le centre d’apprentissage se trouvait à Bordeaux, et je venais de la campagne. Pour un jeune qui a entre seize et vingt ans, dénicher un logement en ville n’est pas simple. Le rythme scolaire implique d’aller au CFA tous les quinze jours, cela signifie également qu’il faut régler les questions de transport. Pour ma part, j’ai eu de la chance d’avoir de la famille pour m’héberger pendant cette période. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Malheureusement l’école n’est pas le lieu où on informe les jeunes sur les réalités de l’entreprise, et ils se sentent parfois déconnectés.

Pour 60 % des apprentis qui ont répondu à l’enquête CFDT, trouver une entreprise est une vraie difficulté. C’était ton cas ?

A l’époque j’ai  pris les Pages jaunes, et j’ai envoyé une multitude de curriculum vitaë sans obtenir un seul retour positif. L’école ne nous avait pas orientés vers d’éventuels employeurs, c’est un  parcours solitaire. Finalement, je suis allé au Salon Aquitech (Emploi, Formation, Orientation), où j’ai rencontré des professionnels plus facilement. Il y avait des stands dédiés, comme le service des ressources humaines de l’armée de terre. Suite à cette journée, j’ai reçu deux réponses positives et j’ai choisi l’armée. Un régiment fonctionne comme une petite entreprise, pour un apprenti, c’est une excellente école. Nous avons plus de temps pour apprendre les choses, car la notion de rentabilité n’est pas présente. J’étais en Bac pro, il faut avouer que c’est une main d’œuvre plus appréciée que les BEP-CAP, car qualifiée, et peu payée.

Pour quelles raisons es-tu devenu adhérent CFDT ?

Rien de personnel, j’ai eu plutôt de la chance dans ma vie professionnelle. Ce serait la raison humaine, l’envie d’être acteur, de partager des valeurs. La rencontre avec un collègue a également influencé mon choix. Au début, je me suis investi dans l’action sociale, je m’occupais de l’arbre de Noël (sourire). Aujourd’hui je suis secrétaire de mon syndicat, et j’apprécie particulièrement l’approche de la négociation propre à la CFDT.

*L’enquête a permis d’aller au contact de plus de 2400 jeunes apprentis. Les résultats de cette dernière, ont permis à la CFDT de faire des propositions concrètes visant à améliorer la situation des jeunes en apprentissage.

 

Dans le BTP,  un accord collectif a été signé le 8 février 2005, notamment par la CFDT. Cet accord vient largement améliorer le statut de l’apprenti dans ce secteur d’activité. Il prévoit entre autres, une rémunération plus importante que celle prévue par la loi. Par exemple, un jeune âgé de 16 ans, en première année d’apprentissage perçoit, si on applique la loi, 25% du Smic. Dans le BTP, l’accord fixe ce pourcentage à 40%.