EMPLOI : un observatoire des métiers en tension et des postes à pourvoir dans l’artisanat

Publié le 26/02/2014 à 12H09
En Basse-Normandie, un projet innovant est en cours : l’observatoire des métiers en tension  et des postes à pourvoir dans l’artisanat. Jean-Luc Michel, représentant CFDT et membre actif de l’aventure, répond à quelques questions :

Qu’est-ce qui a motivé la création d’un Observatoire des métiers en tension et des postes à pourvoir chez les artisans ?

La déclaration du Medef sur les 400 0000 emplois à pourvoir et non pourvus faute de candidats en 2013, n’a pas suffisamment tenu compte de l’artisanat. Pour la CFDT, le plan d’urgence 2014 doit mieux intégrer ce secteur d’activité. Etant donné que les artisans n’ont pas les mêmes moyens, il fallait créer un dispositif au sein de la Commission Paritaire Régionale Interprofessionnelle de l’Artisanat (CPRIA). Un Observatoire des métiers en tension et des postes à pourvoir nous apparait le meilleur moyen d’atteindre nos objectifs.

Un partenariat avec Pôle Emploi est envisagé ?

Bien sûr, mais Pôle Emploi ne récupère que 15% des annonces concernant les postes non pourvus, tous secteurs confondus, le reste est en marché caché. La CFDT Basse-Normandie a impulsé l’idée d’une relation plus engageante avec les employeurs. Un référent par agence est mandaté pour cibler les acteurs économiques sur le territoire. Au printemps 2014, nous aurons une meilleure visibilité du secteur de l’artisanat pour pourvoir aux postes vacants, grâce à l’Observatoire. L’objectif est de demander aux artisans qu’ils publient leurs offres sur le site de Pôle Emploi.

L’artisanat a-t-il besoin des jeunes pour relancer l’économie ?

En janvier 2014, nous avons eu un débat concernant la crête de l’âge des chefs d’entreprises dans l’artisanat. Aujourd’hui, un bon nombre d’entreprises dans ce domaine ferment, ou sont en cessation d’activité faute de repreneurs. L’Observatoire fera un état des lieux des employeurs qu’on devra remplacer. Si les compétences existent dans les fichiers de Pôle Emploi, on met en relation le demandeur d’emploi et le recruteur. Dans le cas contraire, trois possibilités existent dans le cadre de « Une formation : un emploi ». Le dialogue social nous permet de valoriser le contrat de génération auprès des chefs d’entreprises qui, d’ici deux-trois ans, auront un besoin de transmission. Les chiffres sont très importants.

L'employeur peut envisager le contrat de génération pour préparer la transmission de son entreprise.