En Corse, l’accueil du salarié est une priorité

Publié le 24/10/2014 à 14H40
Parmi les dispositifs existant, la CFDT Corse illustre les lieux d’accueil avec l’interview de Gérard Mortreuil, ancien responsable régional.

Combien y a-t-il d’espaces d’accueil dédiés aux salariés des petites entreprises en Corse ?

Gérard Mortreuil : nous en avons deux. Les espaces d’accueil de Bastia et d'Ajaccio fonctionnent depuis les années 80. Celui d’Ajaccio est actuellement ouvert les lundis et mercredis à partir de 18 heures, jusqu’à 22 heures et parfois plus. Et si nous avons des sujets particuliers à traiter nous pouvons aussi ouvrir un jour supplémentaire de la semaine. L’équipe est entièrement constituée de bénévoles qui viennent après leur travail pour animer le lieu, autour de cinq, six personnes. Nous sommes au minimum quatre et, il y a toujours une personne disponible pour accueillir le salarié. Les compétences sont variées, Cathy, par exemple est très connue à Ajaccio en tant que conseiller du salarié, et comme salariée du Monoprix.

Quels types de services offrez-vous ?

G. M. : nous recevons tous les salariés, même les non-adhérents…  L’objectif n’est pas de judiciariser tout le monde mais bien au contraire, d'obtenir des résultats concrets et rapides par notre médiation. La majorité de ceux qui viennent nous voir, ont des problèmes de salaire, de rupture de contrat qui se passent mal, ou viennent chercher des informations. Nous gardons notre position d’experts et de médiateurs, et dans de rares cas nous pouvons alerter l’administration du travail. Et si nous proposons des solutions, le salarié est autonome et responsable du choix de notre mode d'intervention : nous pouvons lui fournir  la copie de la convention collective ou de la réglementation applicable, pour l’aider à argumenter auprès de son employeur. Grâce au conseiller du salarié, pour la rupture conventionnelle, on arrive à obtenir plus que le minimum légal !

Pensez-vous agir en faveur d’une autre image du syndicalisme ?

G.M. : cet été le local était ouvert tous les soirs pour faire face aux problèmes récurrents des saisonniers! En 2012, nous avons certainement reçu entre 250 et 300 personnes. En Corse, 94 % des salariés exercent dans des entreprises de moins de dix personnes, sans délégué du personnel…  Les gens qui sont venus nous voir, sont contents. Ils veulent de la proximité, une écoute. Une organisation syndicale reste un intermédiaire de poids qui rassure le salarié fragilisé et obtient des résultats. Et si l’employeur veut monter en répression, il aura toute la CFDT derrière lui, on ne le lâche pas, et ça se sait !


Pour plus d'informations, contacter l'union régionale corse :

http://www.petitesentreprises.cfdt.fr/portail/prod_173842/la-cfdt-en-corse