Groupe Accor : vente de filiales et pertes de droits pour les salariés

Publié le 25/06/2014 à 10H29
Les salariés d’une structure franchisée, peuvent voir leurs acquis sociaux se réduire telle une peau de chagrin. Lorsque le groupe Accor cède certaines filiales, les salariés de ces dernières sont soudain assujettis au statut juridique d’une petite entreprise.

Les statuts des petites entreprises franchisées sont souvent peu connus, même pour les gros agrégats économiques tels que Mc Donalds ou Benetton. La CFDT dénonce ce que Doudou Konaté, délégué du personnel et coordinateur au sein du groupe Accor qualifie de « démantèlement du groupe ».

Deux statuts possibles pour les filiales :

  1. Une structure franchisée est dirigée par un propriétaire privé locataire du groupe Accor ;
  2. Une structure managée est dirigée par un propriétaire privé qui confie la gestion au groupe Accor.

Quelle que soit la configuration « elles sont vendues pour réinvestir dans les pays émergents, il s’agit d’une délocalisation déguisée (…) s’indigne Doudou Konaté, et Olivier Guivarch, secrétaire national CFDT pour le pôle hôtellerie, restauration, tourisme, ajoute : « C’est un modèle économique qui n'est pas viable, car il fait reposer les moyens de financement sur les petits investisseurs. »

La CFDT est fortement opposée à ce modèle économique amorcé dans les années 2000 par le groupe Accor. Il touche de plein fouet les salariés.

L’Hôtel Mercure à Metz-Centre ancienne filiale, a été franchisé début 2013, la direction se prépare alors à enterrer les avantages sociaux des salariés, au mépris de l’accord d’accompagnement des salariés en cas de cession des hôtels, signé le 27 juillet 2013, et qui précise qu’aucun élément contractuel ne peut être modifié sans l’accord du salarié.

Le constat est affligeant : non remplacement des départs, dégradation du climat social et des conditions de travail, rémunération en berne, augmentation des charges de travail, non-respect de la politique managériale du groupe.

Après une journée de mobilisation et dix heures de pourparlers, les équipes soutenues par le syndicat CFDT, ont négocié un protocole de fin de conflit accepté à l’unanimité.

Parmi les droits sociaux obtenus : un plan de formation et une formation pour lutter contre l’illettrisme, un meilleur suivi des entretiens d’évaluation, une augmentation de salaires de 1,7 % pour les employés et agents de maîtrise et 1,3 % pour les cadres, une amélioration des congés pour événements familiaux, l’engagement ferme de la direction de respecter l’accord du 27 juillet 2013 et un accord d’intéressement collectif dont les modalités restent à définir !

Un exemple à suivre…


  À l'occasion des élections de représentation du personnel chez Suite Novotel, filiale du groupe Accor comprenant onze hôtels, la CFDT obtient 68,18 % des voix, loin devant FO avec  31,82%.


 Photo © Xavier POPY/REA