Protéger la vie de famille en régulant le travail le dimanche

Publié le 03/09/2013 à 14H17
En Basse-Normandie, il aura fallu presque sept mois de mobilisation des salariés contre l’ouverture systématique des grandes surfaces les dimanches,  pour que la CFDT obtienne gain de cause.

L’initiative a démarré à Coutances, suite à la décision de Carrefour Market  d’ouvrir tous les dimanches…  Parallèlement, les grandes surfaces concurrentes ont suivi la tendance. Et les salariés ont contesté massivement cette décision.  « Jusque-là, la loi autorisait l’ouverture de cinq dimanches par an, la direction de l’enseigne proposait donc d’assurer ces ouvertures avec un planning et des rotations », précise Jean-Luc Michel, Secrétaire régional de Basse-Normandie chargé de économie de l’emploi et de la formation.

Les salariés se sont mobilisés pendant trois mois.

D’avril à juillet, 80 à 100 personnes sont venues tous les dimanches pour manifester, de neuf heures du matin jusqu’à la fermeture du magasin. Pour beaucoup, il s’agit d’une concurrence déloyale envers les petits commerces, qui, contrairement aux grandes enseignes, donnent un jour de compensation dans la semaine pour un dimanche travaillé. A Valognes, le mouvement a continué 14 semaines supplémentaires, toujours envers Carrefour Market…

Le soutien unanime des principaux partis politiques. Le maire de Coutances était farouchement opposé à une ouverture en dehors des dimanches autorisés par la loi, c’est-à-dire cinq par an. Une rencontre s’est organisée entre le préfet et la CFDT, se soldant par un échec, le Medef et la CGPME ne souhaitaient pas un arrêté.

En juillet 2012, à la suite d’une table-ronde, la voie parlementaire a été utilisée pour faire modifier la loi.

Le député va travailler à une modification de la loi Maillet pour encadrer davantage les ouvertures du dimanche. La CFDT sera auditionnée en ce début d’année, par la commission du parlement.

Sandrine Digne, salariée de Leclerc Coutances, est la candidate idéale pour être auditionnée par la commission du parlement : « Faire travailler les gens pour quatre euros supplémentaires payés par le Groupe Carrefour, on marche sur la tête… C’est une dégradation de la vie familiale ! ». Nous sommes bien d’accord…