Construire son projet professionnel à la suite d'un licenciement

Publié le 09/04/2014 à 14H48
Après deux licenciements économiques, Pascal, 46 ans, poursuit l’objectif de devenir ingénieur. Le parcours n’est pas sans difficultés, mais la CFDT soutient son projet. Aujourd’hui un poste d’ingénieur système l’attend à l’île Maurice. Bravo Pascal !

Comment vit-on un licenciement économique ?

C’est une épreuve psychologique quand on a travaillé pendant vingt ans. Cela remet beaucoup de choses en question, même si le licenciement n’est pas de votre fait. A cela s’ajoute un sentiment d’injustice si l’employeur n’est pas fair-play. Dans mon cas, la seconde fois, les dirigeants ont exploité les salariés jusqu’à la liquidation judiciaire officielle de l’entreprise. Seuls leurs propres intérêts comptaient, au détriment d’une bonne gestion des compétences. Ils n’ont jamais voulu former leurs salariés car ils n’avaient aucune stratégie de développement.

A quel âge as-tu subi ton second licenciement économique, et quels ont été tes recours ?

J’ai été licencié à 44 ans. Cela a été difficile car mon patron voulait que je démissionne pour ne pas me payer d’indemnités. Insultes, courriers à l’Inspection du travail, j’ai fait appel à un conseiller du salarié CFDT. Ce dernier m’a accompagné pendant l’entretien préalable. Je voulais vérifier la validité de mon licenciement. Cette entreprise de vingt personnes avait trente ans d’activité derrière elle. En tant que chargé de développement, j’ai fait certifier trois techniciens « pompe à chaleur ». La CFDT m’a ensuite aidé à entamer toutes mes démarches… La phase la plus importante, c’est l’après-licenciement : j’ai eu le moral dans les baskets pendant un mois avec un sentiment d’inutilité dans la société.

As-tu envisagé une réorientation ?

J’ai établi un business plan tout seul, après trois mois de reconstruction personnelle. C’est-à-dire une réorientation et les moyens pour atteindre l’objectif, un diplôme. Les questions à se poser sont très simples, c’est à la portée de tout le monde : « Qu’est-ce que je veux faire maintenant ? ». Cela permet de mesurer ses besoins en termes de formation, mais aussi d’outils. Et surtout, de prouver sa détermination pour l’obtention de fonds auprès de Pôle emploi. J’ai eu la chance d’être soutenu par la CFDT, sans quoi mon dossier n’aurait peut-être pas été accepté. A l’époque de ma demande, seuls 3 à 5 % du budget formation étaient utilisés par Pôle emploi.

Déroulement de carrière, qu’est-ce que cela t’évoque ?

Aujourd’hui l’idée même de déroulement de carrière me paraît chaotique. Les employeurs ne font plus de plans sur la comète au-delà d’une année ou deux. Forcément, cet état des lieux a des répercussions sur les salariés. Pour ma part, j’ai 46 ans et je vais travailler deux ans à l’étranger. L’employeur qui a accepté ma demande de stage se trouve à l’île Maurice. Et aujourd’hui j’ai une opportunité professionnelle. C’est un nouveau départ.