Formation professionnelle : Mettre en place un CIF à l'aide de la CFDT

Publié le 21/01/2014 à 15H21
Christine, assistante dans une petite entreprise en Gironde, subit une pression morale de la part de son employeur, ce dernier lui propose une rupture conventionnelle. Elle se tourne alors vers la CFDT, qui va l'accompagner pour mettre en place son Congé Individuel de Formation (CIF).

Quelles sont les raisons qui t’ont amené vers un lieu d’accueil CFDT ?

L’isolement. Je me sentais en souffrance dans mon activité salariée. Le besoin d’échanger sur les causes de mon mal-être devenait vitale. Naturellement je me suis dirigée vers la CFDT car ce syndicat développe un dialogue social, et je ne souhaitais pas rentrer en conflit avec mon employeur. Au cours des premières rencontres, mon objectif était de trouver les bases d’un échange constructif. Il me semble que cela correspond aux valeurs de la CFDT.

Quelle est la place du dialogue social avec ton employeur ?

Je suis salariée d'une entreprise de quinze salariés, et on peut dire que le dialogue n'a jamais réellement existé. Les salariés n'ont pas vraiment le droit d’exprimer leurs opinions. Tout doit aller dans le sens de la direction, même s’il lui arrive de faire erreur. Les réfractaires sont invités à aller voir ailleurs ; pressions permanentes pour les faire craquer, ruptures conventionnelles à l'initiative de l'employeur, etc. Je suis la seule à avoir dit que je ne signerai pas sa demande de rupture conventionnelle. Mon patron m'a répondu que je n'allais pas lui apprendre à faire la loi.  

En quoi la CFDT a été une aide ?

L’aide, l’écoute, le soutien et le conseil m’ont permis de tenir bon. L’échange, le dialogue m’a aidé à faire aboutir mon projet de formation. J’ai pu reprendre confiance en moi.

La question de la formation est-elle taboue dans ton entreprise ?

Oui et non. Disons qu’elle est réservée à certaines personnes, en fonction des desiderata de la direction. Mon patron estime, d'une façon générale que c'est une perte de temps, que c'est improductif, que la formation n’apporte pas grand-chose à l’entreprise. Lorsque j’ai fait ma demande de bilan de compétences pendant le temps de travail, (puisque je n’étais plus bonne à rien, improductive, ne sachant pas travailler sur Excel, ne prenant pas les problèmes de l’entreprise à bras le corps, etc.) il a refusé, en répondant qu’il n’en était pas encore là.

J’ai fait ce bilan de compétences hors temps de travail. La CFDT m’a appuyée dans ma démarche et m’a soutenue. Suite à cela, lorsque j’ai formulé ma demande de CIF (Congé individuel de formation), il a mis mon courrier dans les mains de son avocat. Son but était de chercher des irrégularités pour me licencier (insuffisance professionnelle). J’ai reçu un avertissement en décembre 2012.

Comme tout était régulier il ne pouvait pas le refuser. Le temps de s’informer auprès de son avocat il a laissé courir le délai de réponse. Il a finalement rempli la partie employeur et j’ai pu envoyer mon dossier en temps et en heure auprès du FAFSEA. Le CIF pour une durée d’un an a été accepté (du 2 avril 2013 au 27 mars 2014), la CFDT m’a épaulée durant cette période éprouvante. Je me suis mise en arrêt maladie du 20 janvier 2013 au 1 avril 2013 afin d’éviter les pressions et les avertissements supplémentaires.

Aujourd’hui, tu accueilles les salariés à ton tour, qu’est-ce qui t’a motivée dans ce sens ?

J’ai beaucoup apprécié d’être aidée, écoutée, conseillée, quand j’en avais le plus besoin. Donner de mon temps à mon tour et une façon de rendre ce qui m’a été accordé. De plus je trouve ces moments conviviaux et riches d’enseignements.