La plasturgie forme pour maintenir l’emploi

Publié le 10/12/2013 à 18H03
Nicolas Serres, assistant de production-opérateur sur machines spéciales dans le domaine de la plasturgie, est salarié depuis vingt ans dans une petite entreprise. Embauché sans diplôme pour un travail à la chaîne, c’est un parcours sans faute qui l’amène à devenir délégué du personnel CFDT depuis 2003.

La plasturgie est un secteur d’activité peu connu, comment valoriser ce domaine auprès des jeunes ?

Pour les jeunes sans qualification, c’est un secteur qui a beaucoup de besoins ! De nombreuses possibilités de formation sont proposées pour travailler sur des machines spéciales.  A contrario, il y a vingt ans, on recrutait des gens diplômés. La concurrence chinoise a imposé une baisse des coûts. L’apprentissage est valorisé pour les métiers de l’électromécanique, la mécanique et la maintenance. Nous avons actuellement deux apprentis, qui après deux années, ont de grandes chances de pérenniser leur emploi.

Tu es délégué du personnel CFDT, qu’en est-il du dialogue social avec ton employeur ?

Quand je suis arrivé, un délégué du personnel  souhaitait mettre en place le dialogue social dans l’entreprise. J’appréciais le fait qu’il se batte pour moi malgré des pressions assez fortes. D’une certaine manière, il était isolé car les gens avaient peur…  Je l’ai donc suivi ! Aujourd'hui, le dialogue social s’améliore. Notre direction s’aperçoit qu’elle n’est pas perdante et la confiance s’installe.

Il y a une dizaine d’adhérents CFDT dans ton entreprise, qu’as-tu obtenu en termes de négociation?

Nous avons obtenu un accord de participation annuel pour tous les salariés pendant deux ans. J’ai négocié la baisse des critères du calcul de l’intéressement. Ce dernier est basé sur les bénéfices et non sur le chiffre d’affaires, nous devrions l’obtenir l’année prochaine. Il a fallu mettre en avant la productivité et les résultats, sans aucune difficulté,  car les équipes ont beaucoup donné. Nous avons surtout régularisé la situation pour le travail de nuit. Notre employeur ne payait pas les compensations financières pour le travail effectué de nuit : par exemple, les heures formation ou les arrêts maladie. Et nous avons maintenant une complémentaire santé obligatoire, prise en charge à 50 % par l’employeur ! Quant aux adhérents, près de la moitié d’entre eux préfèrent rester anonymes.

Comment maintenir l’emploi dans ce secteur en forte concurrence avec la Chine ?

La formation en interne permet d’échapper à un PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi) ou aux licenciements. Dans la plasturgie l’innovation est primordiale en raison de procédés de production complexes. Au départ, les machines n’avaient pas de robot. Passer à des machines fabriquées nous a permis de doubler nos résultats. Nous produisions  400 pièces en 8H à l’époque, pour 800 pièces en 8H aujourd’hui.

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