Une jeune fille qui veut devenir soudeuse

Publié le 04/11/2013 à 11H19
Morgane a dix-neuf ans. Après un échec au Bac et un bilan personnel, elle décide de se former à la soudure mais le parcours est semé d’embûches pour une jeune fille. Un petit coup de pouce de la CFDT dans une histoire à la fin heureuse.

Qu’est-ce qui t’a amené à choisir une formation de soudeur ?

J’ai suivi un parcours général jusqu’en terminal et n’ayant pas eu mon bac, j’ai voulu rentrer dans la vie professionnelle rapidement pour ne plus dépendre de mes parents. Il m’a fallu faire l’inventaire de ce qui était important à mes yeux : l’indépendance,  un travail manuel avec de la mobilité et une forte demande… La réponse ne m’a pas semblé évidente avec tous ces critères, et puis,  je me suis souvenue que j’avais fait de la soudure quand j’étais petite. Mon père est un ancien chaudronnier, il m’a donc initiée (sourire).

Est-ce que tu as rencontré des difficultés pour trouver ta formation ?

À Cherbourg il n’y a qu’un centre de formation pour la soudure, c’est l’AFPA (Association nationale pour la formation professionnelle des adultes). Pôle emploi m’avait recommandé d’effectuer un stage avant de m’inscrire auprès de l’organisme, j’ai eu la chance de trouver une entreprise grâce à la liste que m’avait envoyé la mission locale. Le parcours a été assez compliqué… j’ai changé trois fois de conseiller à Pôle emploi et mon dossier a été perdu. Par la suite, j’ai du passer un test pour entrer à l’AFPA que j’ai réussi, et puis on m’a annoncé que je devais rentrer en pré-qualification ! Les listes d’attente sont au moins de deux ans pour intégrer la formation. J’avais vraiment le sentiment que ma motivation était mise à l’épreuve…

Comment la CFDT t’est venue en aide ?

Je suis rentrée en contact avec un syndicaliste CFDT grâce à mon réseau de connaissances. Il est intervenu auprès de l’AFPA pour soutenir mon dossier. S’il n’avait pas été présent, je pense que la procédure aurait été très longue et j’aurais finalement choisi une autre filière… Pour ma part, je pensais qu’il fallait être salarié pour devenir adhérent d’un syndicat. Nous ne sommes pas assez informés ! Si chacun de nous avait un référent syndiqué, cela aiderait beaucoup de gens. Je vais intégrer ma formation de soudeuse en août ! Et j’espère ensuite continuer à me qualifier et puis, pourquoi pas, devenir soudeur-plongeur, c’est un métier à risques où il y a pas mal de débouchés !