L’Alsace, pionnière en termes de santé au travail

Publié le 15/05/2013 à 16H31 (mis à jour le 03/09/2013 à 16H31)
La CFDT Alsace est une des régions pionnières dans la prévention des accidents du travail, et en faveur de meilleures conditions de travail pour les salariés du bâtiment. L’expérimentation mise en place est une référence que porte Jean-Luc Raymondaud, en charge du projet.

La CFDT Alsace se mobilise pour de meilleures conditions de travail dans l’artisanat, est-ce une démarche récente ?

En l’occurrence pour les Très petites entreprises (TPE), nous siégeons à l’Observatoire régionale de la santé au travail suite à l’accord interprofessionnel de 2000. Cet organisme est composé de partenaires sociaux : syndicats, salariés et employeurs. Nos missions sont d’observer les problématiques de santé au travail et de promouvoir les politiques de santé au travail en priorité auprès des salariés des TPE et PME.

En ce qui nous concerne (la CFDT Alsace), nous avions décidé de ne pas passer notre temps en réunions, et de nous concentrer sur un secteur celui du bâtiment, qui a un nombre d’expositions très élevé. Par conséquent, nous avons élaboré des préconisations et des indicateurs en matière de construction de lotissements. Ces derniers ont été acceptés en 2008, et mis en place en 2009.

Ces préconisations concernaient-elles des problématiques précises ?

Les problèmes majeurs concernent l’hygiène. Cela fait 25 ans que nous nous battons à ce sujet, les salariés sont fortement touchés, les besoins physiologiques primaires ne sont pas respectés… Les difficultés majeures sur les chantiers, en particulier pour les petites entreprises, sont des problématiques de vie. Il s’agit d’un des critères de l’Observatoire, les autres points, sont les accidents du travail, les problèmes de manutention, la prévention de chutes de hauteur et les risques routiers. Partant du constat que l’évolution des maladies et des accidents du travail est exponentielle dans le domaine du bâtiment, il fallait des mesures préventives.

De quelles manières ces mesures ont-elles été mises en place ?

Nous avons commencé par observer des situations de travail dans des lotissements des maisons individuels, en prenant cinq thèmes en considération. Sans nous préoccuper des réglementations, nous avons établi un premier rapport. Puis nous avons élaboré un cahier des charges, avec un additif et des préconisations pour un lotissement expérimental, destiné aux constructeurs, aux architectes et aux entreprises du bâtiment. Ce document comprenait des obligations et un certain nombre de dispositifs à respecter, avec l’appui d’un animateur de prévention. Par exemple, l’additif au cahier des charges « Construire dans la sérénité » imposait des toilettes sèches, un compteur d’eau sur tous les chantiers, l’installation de voies bitumées pour accéder au bâti, etc.

Aujourd’hui, êtes-vous en mesure d’évaluer les résultats ?

Après deux ans d’observation sur les lotissements, nous avons constaté l’utilisation permanente des toilettes sèches et surtout, le respect de l’hygiène. Les salariés ne rencontrent jamais ce genre de confort, ces conditions ont un effet positif sur le moral et la qualité du travail. Le lotisseur quant à lui, a compris l’intérêt d’une mise en place collective et a acheté « une base de vie » : un endroit où ils peuvent manger au chaud, se laver les mains…

Maintenant l’alimentation en eau s’effectue sur chaque parcelle, avant la construction. A l’occasion d’une journée « Qualité de vie au travail » prévue en juillet, la CFDT portera ces revendications au niveau national et présentera nos expérimentations.