En Creuse, les assistants familiaux sont en réseau

Publié le 29/05/2013 à 16H35 (mis à jour le 03/09/2013 à 16H38)
André Humbert est militant CFDT depuis plus de dix ans. Éducateur, il forme aujourd’hui les assistants familiaux, un métier majoritairement féminin.

Qu’est-ce qui a poussé la CFDT Creuse à s’investir auprès des assistants familiaux ?

André Humbert : La CFDT a décidé d’organiser des réunions d’assistants familiaux, pour leur permettre de discuter de leur métier et des difficultés qu’ils rencontrent. Le travail à domicile implique un certain isolement, éloignement de l’employeur mais également entre les ASFAM¹ eux-mêmes, et par conséquent des équipes syndicales.

Début des années 2000 la section Interco CFDT du Conseil général de La Creuse a travaillé sur la reconnaissance du métier d’ASFAM. Des rencontres régulières, (une fois par mois), ont permis de connaître leurs préoccupations et de regrouper leurs revendications. On s’est très vite aperçu du manque de référentiel concernant leurs droits et devoirs et tout ce qui peut permettre de gérer le quotidien dans la prise en charge des enfants. Nous avons donc pensé qu’un livret d’accueil était indispensable (l’administration nous a répondu par une fin de non recevoir). Le syndicat CFDT donc, au fil des réunions, a écrit ce livret et l’a édité avec son logo.

Ce métier répond-il à des spécificités précises ?

A.H. : La particularité de leur métier est qu’ils travaillent à domicile 24 heures sur 24 et en lien avec l’employeur. Les problématiques concernent souvent le licenciement. Statutairement, ils ont un contrat de travail, et un contrat de placement pour l’enfant. Les placements sont à durée déterminée, et à tout moment, ce dernier peut retourner dans sa famille d’origine.

L’agrément (l’autorisation d’exercer cette profession) est géré par la protection maternelle et infantile (PMI) qui veille à ce que les conditions matérielles d’accueil, (notamment le logement), et les capacités éducatives soient adaptées. Les relations professionnelles avec l’employeur sont gérées concernant l’enfant par le service de l’aide sociale à l’enfance (ASE). C’est pourquoi, en cas de litige, il leur est très difficile de contester la décision d’une administration…

Comment la CFDT intervient-elle ?

A.H. : En 2005 se sont tenues les élections de la Commission Consultative Paritaire Départementale (CCDP), composée de représentants de l’administration (élus + directrice), et des représentants élus des assistantes maternelles et des assistants familiaux. Ses attributions : le retrait d’agrément, la restriction d’agrément. Elle est également informée sur les suspensions d’agrément et la formation. Pour ces élections nous avons du mobiliser les ASFAM afin de monter une liste et faire voter CFDT. Nous avons obtenu un siège (une petite pensée pour notre élu aujourd’hui décédé), la CGT un et une association ASMAT également. En 2011, au renouvellement de cette CCPD nous sommes devenus 1ère organisation syndicale.

Aujourd’hui ce groupe de travail animé par la section nourrit encore la réflexion sur le métier. Nous avons ainsi obtenu une prime d’ancienneté, le droit à la commission d’action sociale (chèques vacances, prêts et secours, noël…), les frais de déplacements intra-muros, des réunions spécifiques avec l’administration…

De 2001 à 2005, il y a eu un grand travail sur le métier et les statuts qui a abouti à la loi de juin 2005 sur le nouveau statut, notamment la reconnaissance par la loi du métier et l’intégration à part entière de l’ASFAM dans les équipes du service de placement. Pourtant aujourd’hui en 2013, cela reste un combat à mener. Dans la pratique les ASFAM restent encore à l’écart des décisions relatives à l’enfant confié. Nous devons les encourager à prendre part réellement à la gestion de l’accueil de l’enfant (écrits, participer aux synthèses, fiches d’observations…).