Zoom sur la garde à domicile

Publié le 03/09/2013 à 12H29
Christine Platen, garde à domicile pour les personnes âgées depuis 2004, nous livre la dimension cachée de ce métier qui la passionne.

Selon vous, quelle serait la définition idéale d’un(e) garde à domicile ?

Une personne qui fait le ménage, qui aide à la toilette, qui fait les courses, et encore d’autres petites choses du quotidien. Nous avons une responsabilité lorsqu’on travaille avec des personnes âgées, car nous devenons leur confident(e). Je pense que c’est un travail qui nécessite beaucoup de discrétion et de polyvalence. Pour ma part, j’avais un peu d’expérience à l’hôpital, mais j’ai commencé à exercer sans qualification. Il n’y a pas de formation particulière, on apprend sur le terrain. C’est dommage pour l’accompagnement de fin de vie, les cas de maladie d’Alzheimer…

Rencontrez-vous des difficultés au quotidien ?

Il faut faire attention à ne pas s’impliquer émotionnellement : certaines personnes âgées n’ont pas de visite du tout, ce qui implique le risque de se « faire dévorer ». Le plus grand danger est l’isolement… Le salarié du particulier employé ne sait pas qu’il y a des syndicats. La CFDT m’a permis de rentrer en contact avec un petit réseau, ce qui est utile aussi pour les remplacements. Nous sommes des salariés vulnérables, certains ne sont pas déclarés, un public corvéable à merci !

Quels conseils donneriez-vous à celles et ceux qui souhaitent exercer ce métier ?

Apprendre à se protéger et à faire la distinction entre son travail et sa famille. Mon mari connaissait les prénoms de tous mes petits vieux, je les ramenais à la maison… J’ai vécu une relation quasi-fusionnelle avec la deuxième dame pour qui j’ai travaillé. Lorsqu’elle est partie, cela m’a beaucoup touchée. Aujourd’hui, c’est plus facile. Il faut aimer les personnes dont nous partageons l’intimité, sinon aucune relation n’est possible et il vaut mieux changer de boulot. Elles ont tellement à nous donner et à nous apprendre. J’ai fait ce métier par hasard, mais sans aucun regret.