Zoom sur les salariés des cafés et restaurants

Publié le 03/09/2013 à 13H01
Michel est garçon de café depuis 33 ans. Aujourd’hui il ne sert plus en salle mais derrière le bar. Il nous livre dans cet entretien, les aspects d'un métier qui a subi de véritables changements.

Comment évoqueriez-vous votre métier ?

C’est un métier de service qui était beaucoup plus valorisant il y a 20 ans. A l’époque on gagnait mieux notre vie. Il y avait des primes sur le chiffre d’affaires de la journée équivalentes à 15% H.T. de notre recette, c’est pour ça que les anciens ont gardé le sens commercial. Il y a 10 ans, tout le monde a été mensualisé et on arrive plus à recruter… On embauche au Smic et les jeunes ne restent pas car ils ne supportent pas les conditions de travail. Depuis que je suis syndiqué à la CFDT, le repos hebdomadaire est respecté dans notre entreprise. C’est un plus pour notre santé. Choisir ce métier, cela signifie être au travail à six heures du matin et finir à deux heures du matin.

Rencontrez-vous des difficultés au quotidien ?

Les difficultés sont les horaires, tout le reste fait partie du métier. C’est devenu très dur, les anciens font essentiellement les matins et soirs. Néanmoins, de par mes interventions auprès de mon patron, nous sommes prévenus des changements d’horaires en amont et cela permet de mieux organiser notre vie privée. J’ai vu tellement de gens partir du jour au lendemain dans ma carrière… Les employeurs ne connaissent pas la législation et les salariés ne connaissent pas leurs droits. J’ai appris récemment ce qu’était un DIF par exemple… Ces dernières années, les employeurs ont embauché beaucoup de main d’œuvre étrangère[1], des gens qui ne savent ni lire ni écrire, corvéables à souhait !

Quels conseils donneriez-vous à celles et ceux qui souhaitent exercer ce métier ?

Si je devais faire la promotion de mon métier, je dirais : « Informez-vous sur vos droits ! » C’est ce que je retiens de mes 30 années d’exercice professionnel … Je me rappelle d’une époque où c’était un vrai bonheur de voir un client satisfait. Et puis j’invite la jeune génération à se diriger vers le traditionnel et non vers des chaînes. Ne pas oublier non plus que le savoir est essentiel… De plus en plus de jeunes arrêtent l’école très tôt, mais comment vont-ils faire pour défendre leurs droits ? Le changement pour l’avenir passe par la connaissance (sourire).

[1] Tous les salariés sont les bienvenus à la CFDT, quelles que soient leurs origines. Même en tant qu’unique employé(e) d’une TPE, vous avez la possibilité d’être adhérent(e) et que cela reste CONFIDENTIEL.

Cédric, 27 ans, travaille depuis 10 ans dans l’hôtellerie et la restauration :
« C’est le métier le plus beau du monde, nous sommes des passionnés de nourriture. On rentre dans ce domaine pour rencontrer des gens, se faire un nom et travailler pour soi … Les vraies difficultés concernent le salaire, j’ai 10 ans d’ancienneté et je gagne le Smic. Le seul avantage que nous avons actuellement est la prime sur la TVA. Il faut changer de métier si on ne veut pas faire des heures, une pointeuse ce serait beau ! »