Agir pour améliorer les conditions de travail

Publié le 04/09/2013 à 09H40
La législation française considère que l’employeur doit prendre des mesures pour protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Et pourtant, Les risques psychosociaux ne sont pas reconnus en tant que tels. La CFDT mène un travail de prévention depuis longtemps en faveur des salariés des petites entreprises, Henri Forest, secrétaire confédéral, chargé des conditions de travail répond à nos questions.

Depuis combien de temps la CFDT s’intéresse-t-elle aux risques psychosociaux ?

Henri Forest : depuis très longtemps, la CFDT a collaboré en 1977 à l’édition de l’ouvrage : Les dégâts du progrès dans lequel il est question de l’envers du progrès technique sur le travail. Le terme « risques psychosociaux » a évolué avec la pression psychique liée aux nouvelles technologies dans les années 80, avec l’avènement des méthodes de communication. Auparavant, il était question de « charge mentale » relative au besoin de concentration et au travail à effectuer dans un délai trop serré. Pour le travail ouvrier, on parlait de « risques physiques ».

Quels sont les moyens de prévention mis en place ?

H. F. : en 2004, un accord interprofessionnel européen intitulé « Stress au travail » a été signé, celui-ci a été transposé en France en 2008. A cette époque, il y a eu une émergence de crises suicidaires, entre autres chez France Télécom et Renault. La CFDT a déployé des mesures de prévention sur ces questions, en publiant des guides pour accompagner les équipes.

Des actions ont été menées dans les régions en faveur des salariés des petites entreprises. Par exemple en Alsace, un énorme travail avec le patronat a été réalisé pour permettre aux salariés du bâtiment la mise à disposition de moyens d’hygiène pendant la construction des logements individuels. Pour les salariés sans représentation du personnel, les structures paritaires permettent aux partenaires sociaux d’œuvrer pour de meilleures conditions de travail dans certains secteurs.

Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont-ils liés aux risques psychosociaux ?

H. F. : bien sûr… Si on travaille sous pression psychique, on majore les troubles musculosquelettiques qui sont affectés à des contraintes posturales. Il n’y a pas de « bon stress », l’entreprise doit limiter cet effet pour permettre un épanouissement personnel (c’est le point de vue de la CFDT). Si on répète des situations où la compétition, le sentiment d’incertitude et le dépassement de soi sont cultivés, on arrive à des pathologies chroniques et physiques.  Les TMS sont la première cause de maladies professionnelles reconnues à 80% ; c’est une véritable pandémie au niveau européen. Certaines familles de métiers sont plus touchées, comme l’agriculture, le paysagisme, le service avec l’aide à domicile, l’agroalimentaire…

Quelle est la démarche à suivre en cas d’identification de symptômes ?

H. F. : le salarié qui subit un symptôme ne doit surtout pas culpabiliser… L’essentiel est de s’inscrire dans une démarche. Il faut débobiner le fil afin qu’il rencontre l’organisation syndicale, qui est là pour informer au même titre que la sécurité sociale, et lui permettre ainsi la reconnaissance de sa maladie. De la même manière, donner les points d’entrée institutionnels des structures existantes, telles que l’Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ARACT), est un acte d’accompagnement.