Sortir de la précarité grâce aux groupements d’employeurs

Publié le 13/11/2013 à 15H25
En Bretagne, on compte seize groupements d’employeurs. Des structures qui créent de l’emploi et pérennisent les contrats. Anaïck Thoraval, salariée depuis douze ans comme comptable, et élue CFDT, nous explique son parcours.

Comment es-tu devenue salariée du Groupement d’employeurs ADELIANCE ?

J’ai pris connaissance du Groupement d’employeurs ADELIANCE, à une époque où je cherchais du travail, en lisant un article. Je me trouvais dans une situation précaire depuis quatre ans, suite à des licenciements consécutifs pour restriction de personnel… Je me suis présentée chez ADELIANCE et j’ai passé une série d’entretiens avant d’être recrutée, au départ une journée par semaine, tout en percevant mes Assedics. Un mois après, j’ai eu une seconde proposition pour un poste dans une autre entreprise, et très vite, j'ai pu travailler à 80% (temps choisi) dans trois entreprises. Aujourd'hui, je travaille à temps complet (35h) dans un garage, chez un artisan menuisier et dans une entreprise de site internet.

Quels sont les secteurs d’activité les plus représentés par les Groupements d’employeurs dans la région ?

Au départ, l’initiative est venue du secteur de l'industrie et de l’agroalimentaire. Certains employeurs embauchaient l’été, et d’autres l’hiver. Depuis quatre ans, le recrutement dans les grosses entreprises diminue. La politique d’ADELIANCE est de favoriser surtout l’emploi dans les petites entreprises. La directrice démarche les entreprises par secteur, travaille avec Pôle Emploi, mais aussi avec les réseaux CCI, chambre des métiers, et avec les entreprises adhérentes qui parrainent d’autres entreprises. Certains domaines, ont des besoins sur des temps courts, notamment l’informatique, la comptabilité, la communication et la qualité. Pour faire 35 heures, il faut trouver plusieurs entreprises, le processus se met en place lentement dans certains cas.

Etre au service de plusieurs employeurs permet-il d’enrichir ses compétences ?

Bien sûr, acquérir de nouvelles connaissances est primordial. Dans le domaine de l’artisanat par exemple, le comptable doit s’informer sur les lois en application. Pour mon Groupement d’employeurs, le plan de formation est très important, avec tous les ans trois réunions. Non seulement il s’agit de structures multiprofessionnelles, mais certaines se spécialisent. Par exemple, le GEIQ s’occupe essentiellement d’insertion, à l’intention de chercheurs d’emploi sans qualification.

Ces groupements permettent à des chercheurs d'emploi de se réinsérer dans la vie professionnelle en leur permettant de se former. Les demandeurs d'emplois sont embauchés en contrat pro ou en apprentissage mais vont dans plusieurs entreprises. Des emplois aussi bien dans le BTP, qu'en industrie ou dans la métallurgie. Le développement se fait aussi auprès des associations et un groupement d'employeur associatif devrait être créé prochainement. Les GE recherchent des salariés autonomes, il ne faut pas hésiter à déposer son CV !

 

Photo : Anaick Thoraval © DR / CFDT Infocom