Les candidats de Paca s’engagent : “Nous ne revendiquerons jamais assez notre professionnalisme”

Publié le 28/10/2016 à 15H21
Les très petites entreprises (moins de onze salariés) représentent le premier employeur en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce sont plus de 380 000 salariés travaillant dans 134 133 entreprises en région PACA. Une diversité de métiers à l'image du territoire. Ils ont tous des métiers différents, mais se rejoignent sur leur engagement et les valeurs qu'ils souhaitent porter en réprésentant la CFDT. Voici une série de portraits de candidats qui vous ressemblent !

Gisèle, assistante maternelle
Nous ne revendirquerons jamais assez notre professionnalisme

Gisele-Menard-TPE-PACAJe suis assistante maternelle. J’exerce mon métier chez moi, mais je rencontre des collègues dans le cadre de l’exercice de ma profession. Dans le secteur de la petite enfance, en France on compte près de 400 000 assistants maternels du particulier employeur, parmi lesquels une majorité de femmes. Cette activité est porteuse pour l’emploi car elle répond à un fort besoin social. Les Relais (RAM) nous permettent de nous réunir avec les enfants pour des activités d’éveil et des moments d’échange. 

Notre métier n’est pas reconnu comme tel, beaucoup considèrent que nous ne faisons que nourrir et coucher l’enfant, notre rôle va bien au-delà. Nous participons à l’éveil des enfants et nous sommes, pour eux comme pour leurs parents, un vrai repère. Exercer la profession d’assistante maternelle  nécessite un agrément délivré, après enquête, par la Protection maternelle et infantile (PMI). Cet agrément est renouvelable tous les cinq ans. Les assistants maternels peuvent accueillir jusqu’à 4 enfants de moins de 3 ans ou 6 ans pour les périscolaires. 
Nous ne revendiquerons jamais assez notre professionnalisme et la CFDT s’implique beaucoup pour que notre métier soit davantage valorisé. Je représente la CFDT à la commission consultative paritaire départementale (CCPD) du Vaucluse.


Dominique, boulanger
“Un jour j'ai poussé la porte d'un local CFDT et j'ai trouvé un soutien qui ne m’a pas lâché”

D.Scarpellini-TPE-PACALa boulangerie, comment dire ? Je suis tombé dedans quand j’étais tout petit !! Avec deux oncles boulangers, j’ai baigné dans ce milieu et j'ai tout de suite pu m’exercer au travail dur et manuel. L’école n’était pas faite pour moi… Deux années de CPA (Contrat Pré-apprentissage) au Collège Jean Giono de Manosque et, dès mes 16 ans, deux années de CFA  pour obtenir mon CAP et intégrer la profession où je suis resté avec mon tuteur-employeur jusqu’à mes 20 ans. Après un passage éclair de quinze jours au chômage, j’ai exercé mon métier de boulanger dans la même boulangerie et ce depuis le 1er janvier 1988.

Vingt-huit années de travail, une vie entière…avec des périodes sans salaire ou payées en retard, où on ne compte absolument pas ses heures, on ne part pas tant que le travail n’est pas fini… Mon patron pâtissier, moi boulanger, la patronne à la vente et une vendeuse et me voilà pendant six années consécutives sans congés payés, car personne pour me remplacer… Des problèmes de trésorerie nviennent aggraver les choses : une procédure de redressement depuis 2013 a été engagée… Néanmoins, mon patron s’engage par une reconnaissance de dettes à me rembourser tous mes congés payés non-pris… Parallèlement un souci de santé en 2012, de multiples opérations au pied, vingt-six mois d’arrêt puis trois mois de reprise pour une nouvelle rechute avec opération au niveau de l’épaule droite qui dure toujours à ce jour.

Un jour en discutant de ma situation auprès d’un ami, j’ai poussé la porte d’un local CFDT à Manosque et j’ai pu trouver un soutien dans toutes mes démarches et continue aujourd’hui ! Une prise de conscience que j’ai des droits et que j’ai été quelque part laxiste mais désireux de vouloir bien faire mon travail. Dans ce secteur d’activité, nous ne faisons qu’un avec son patron au mépris de sa santé, au mépris des règles du code du travail qui nous protègent…on s’en rend compte souvent trop tard. Aujourd’hui je peux, à mon niveau, apporter ma contribution et avec une reconnaissance pour la CFDT!

MAINTENANT QUE NOUS POUVONS NOUS EXPRIMER, JE VEUX POUVOIR LUTTER CONTRE L’IGNORANCE ET LES PRÉJUGÉS EN INFORMANT PLUTÔT QU’EN STIGMATISANT  

Richard, charpentier couvreur
La CFDT a été un rempart contre la violence de son attitude, contre son mépris,  j’y ai rencontré des personnes qui m’ont soutenu dans ma difficulté, des hommes et des femmes semblables à moi

Richard-Hardouin-TPE-PACAPendant plus de treize ans, j’ai exercé en toiture auprès d’un artisan, et je suis tombé à deux reprises. Mon quotidien était semé d’embuches, je n’avais pas les qualifications requises pour un tel travail et jamais mon employeur n’a fait la démarche de me former au métier, alors j’ai dû m’adapter. Un jour, il a fait une chute de six mètres qui aurait pu lui être fatale, j’ai alors fini par réclamer qu’il nous sécurise davantage. Ses motivations étant différentes des miennes, il a préféré se séparer de moi. 
J’ai tellement souffert du manque de sécurité que je m’interdis aujourd’hui de ne rien faire pour les autres. Les risques sont omniprésents où que l’on travaille, qui que nous soyons. Il est primordial de se protéger du danger, bien des blessures peuvent être évitées.

La CFDT a été un rempart contre la violence de son attitude, contre son mépris,  j’y ai rencontré des personnes qui m’ont soutenu dans ma difficulté, des hommes et des femmes semblables à moi. Ils m’ont spontanément aidé dans mes démarches juridiques et administratives et me soutiennent encore dans ma progression. Dans le BTP, le risque de chute est toujours très présent en entreprise, ces deux dernières années il a augmenté de 50% au niveau national. Elles sont aujourd’hui l’une des premières causes d’accident du travail, notamment dans le secteur du BTP, et surtout dans les TPE, où elles représentent 16 % des accidents et elles sont à l’origine de 30 % des décès. Ce n’est pas seulement un individu qui est touché, c’est toujours une famille entière mais c’est aussi l’entreprise qui souffre. 

Maintenant que nous pouvons nous exprimer, je veux pouvoir lutter contre l’ignorance et les préjugés en informant plutôt qu’en stigmatisant, c’est notre rôle, notre vocation. Représenter la CFDT comme candidat aux élections TPE est un honneur, il s’agit pour moi de prendre part dans une quête de justice sociale. Je veux véhiculer ses valeurs de fraternité, d’entraide, et proposer la conciliation plutôt que le conflit. C’est en nous rassemblant, derrière une même bannière que nous pourrons affirmer notre droit au respect et à l’équité.

Françoise, journaliste 
A la CFDT j'ai la liberté de penser comme je le souhaite, c'est pourquoi j'ai choisi de m'engager. Pour apporter mon aide à ceux qui en ont besoin

Mon parcours professionnel est atypique. Il découle de mon expérience personnelle et humaine. Lorsque je me suis mariée, j’ai arrêté de travailler pour élever mes enfants durant vingt ans mais tout en restant active. Je travaille aujourd’hui au sein d’un journal dans lequel je suis entrée par hasard en raison de mes activités bénévoles. Je me sens reconnue par mes supérieurs dans le cadre de l’entreprise. J’ai pratiquement toujours travaillé dans des très petites entreprises.
Je connais cette solitude lorsqu’on ne peut pas partager avec des collègues. Mais cela ne m’a jamais vraiment gênée, ça m’a au contraire aguerrie et permis de travailler actuellement en télétravail et en gérant plus ou moins seule mon emploi du temps et le travail à accomplir. Je suis à temps partiel. J’ai complété mon CDI en 2015 par un CDD dans un autre domaine. Cela ne s’est pas très bien passé car les responsables de la coopérative qui m’avaient embauchée s’étaient engagés dans une voie qu’ils ne maîtrisaient pas.

J’avais besoin d’un soutien pour sortir de ce guêpier dans lequel je me sentais piégée. Je connaissais un militant de la CFDT et je lui ai demandé des conseils. La CFDT m’a apporté un soutien que j’ai ressenti comme solide et pondéré loin du « revanchard » que je préfère éviter. J’ai toujours été contre les injustices et je les côtoie très souvent. J’apprécie de trouver à la CFDT la liberté, celle de penser comme je le souhaite. C’est pourquoi j’ai choisi de m’engager un peu plus pour apporter mon aide à ceux qui en ont besoin et remercier, en quelque sorte, la CFDT pour ce qu’elle m’a apporté.

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